 L'éolien terrestre - Comment ça marche ? |  Le principe des éoliennes - ou aérogénérateurs - est très simple : la force du vent actionne des pales fixées sur un rotor. L'énergie mécanique de cette rotation entraîne un générateur qui fabrique, lui, de l'énergie électrique. Sa puissance atteint ainsi 2,5 ou 3 MW.
L'usage : l'électricité des grandes éoliennes alimente le réseau électrique du distributeur local. Souvent EDF. Ainsi un parc de quatre éoliennes de 2,5 MW chacune, soit 10 MW au total, correspond aux besoins de 5 650 foyers (hors chauffage).
Avantages : pourquoi l'éolien est-il privilégié ? Parce que « c'est l'énergie renouvelable la plus compétitive, note Étienne Le Brun, responsable des énergies renouvelables à l'Ademe (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie) Haute-Normandie. On n'a jamais de surprise à l'installation, on connaît donc le prix du kilowattheure, on peut les démonter, il ne reste que le socle en béton, mais d'un point de vue géologique, ça n'a aucun impact », ajoute-t-il. Autre avantage : l'éolien est source d'activités économiques et d'emplois. Enfin, il est difficile de trouver plus écologique : son fonctionnement n'émet ni de gaz à effet de serre, ni particules.
Inconvénients : le principal défaut de l'éolien, c'est son impact visuel très fort. Impossible de le camoufler ou de l'enterrer. Il ne s'agit donc pas de les planter n'importe où. C'est pourquoi des zones de développement de l'éolien, ZDE, ont été instituées en 2005. Doivent être pris en compte les vents, certes, mais aussi l'impact sur l'environnement, la nature, le patrimoine et la possibilité de raccordement au réseau. Une fois ces zones créées, il faut encore trouver du foncier disponible. Celui-ci doit être suffisamment vaste pour accueillir au moins cinq éoliennes - les parcs plus petits ne sont plus autorisés - distantes les unes des autres d'au moins 200 mètres. Une fois le terrain désigné, il reste encore une longue procédure à suivre avant de voir les éoliennes tourner (lire ci-dessous).
La production : la Haute-Normandie représente 348,5 MW de puissance installée en production ou autorisée, soit 29 parcs. La capacité de développement est de 1 076 MW à l'horizon 2020. Aujourd'hui, l'essentiel est concentré dans le département de Seine-Maritime. Ce dernier abrite douze parcs éoliens en production, pour 67 éoliennes et 149 MW de puissance. 11 parcs sont autorisés pour 70 éoliennes et une puissance de 152 MW (source : Région Haute-Normandie). On compte actuellement un seul parc dans l'Eure. Cinq sont autorisés avec 28 éoliennes pour 47 MW de puissance. La présence de la base aéronautique d'Evreux et parfois des opposants aux projets sont des facteurs qui expliquent ce faible développement de l'éolien dans le département.
L'éolien offshore
Le principe : c'est le même que l'éolien terrestre. Il s'agit de profiter de la force du vent qui est plus fort et plus régulier en mer pour fabriquer de l'électricité. Comment ça marche ? Le principe de fonctionnement des aérogénérateurs off shore est le même que celui des éoliennes terrestres. Ils sont seulement plus puissants puisqu'ils peuvent produire 4 à 6 MW, contre seulement 3 MW maximum sur terre. Ensuite, toute cette électricité est rapportée sur terre via de grands câbles sous-marins. L'usage : l'énergie éolienne fournit le réseau de distribution électrique. Avantages : en mer, les vents sont à la fois plus importants et plus constants. La ressource est donc plus fiable. Et si sur terre, l'espace peut être limité, en mer, il est possible d'installer des parcs composés de dizaines et dizaines d'éoliennes. Un seul parc peut ainsi alimenter 200 000 personnes. Mais encore faut-il avoir les structures capables de transporter une telle puissance de courant. Seules les centrales électriques en sont dotées. C'est la raison pour laquelle les projets d'éolien off shore sont situés à proximité de l'une d'entre elles. Et comme l'éolien terrestre, l'avantage est aussi économique pour la région qui l'accueille : toute une filière se développe, elle crée des emplois, elle augmente l'activité des ports qui réceptionnent le matériel. Et tout ce savoir-faire, une fois maîtrisé, devient un atout pour l'industrie française. Elle peut alors partir le vendre à l'étranger. Inconvénients : Certes l'éolien off shore n'émet pas de gaz à effet de serre, mais son impact sur l'environnement n'est pas nul. Des études sont réalisées pour vérifier les retombées sur la vie aquatique et la trajectoire des oiseaux migrateurs. Les projets doivent également être menés de concert avec les pêcheurs et la marine marchande pour ne pas gêner leurs activités. Les suivis réalisés avant l'implantation d'un parc sont donc plus importants que sur terre. Une fois tout ceci réglé, reste à installer les éoliennes. Par 30 mètres de fond, comme dans la Manche, là encore, ce n'est pas chose aisée. La production : Depuis le lancement de l'appel à projet, en janvier 2011, deux sites ont été retenus : Fécamp, Dieppe-Le Tréport. Fécamp accueillerait une puissance de 500 MW et Dieppe de 750 MW. Ces sites permettraient de couvrir plus de 36% de la consommation totale des foyers de Seine-Maritime. L'objectif français est d'atteindre une production de 6000 MW à l'horizon 2020.
Les longues procédures de l'éolien terrestre
Pas question de planter des éoliennes n'importe où. Avant de les voir pousser dans un champ, la procédure est longue. Elle dure entre un an et trois ans. Et elle implique tous les acteurs concernés, y compris les habitants des alentours. Petit tour d'horizon des points à respecter impérativement :
- 1/ Le projet doit s'inscrire dans une Zone de développement de l'éolien (ZDE), condition indispensable pour bénéficier de l'obligation d'achat.
Ces ZDE sont créées à l'initiative des collectivités et validées par le préfet. Elles doivent prendre en compte la protection des paysages, des éventuels monuments historiques et des sites remarquables et protégés.
- 2/ Une demande de permis de construire est déposée en mairie.
- 3/ Cette demande est ensuite instruite par la Direction départementale des territoires ( anciennement DDE). Une enquête publique est menée, si les mâts dépassent les 50 mètres de hauteur, ainsi qu'une étude d'impact. Celle-ci doit analyser les effets du projet sur l'environnement, monuments, vie animale, et ses retombées socio-économiques.
- 4/ Si les réponses favorables sont apportées lors des phases précédentes, la préfecture délivre le permis de construire.
- 5/ La construction et la mise en service prennent entre 6 et 12 mois. Les éoliennes sont prévues pour durer au moins 20 ans.
Crédit photo : ©M.J Auteur : ©Jerome Madaule Source : http://www.comptoireolien.fr | |
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