 La baisse du crédit d'impôt concernant le rachat d'électricité |  La diminution de 12% des tarifs d'achat de l'électricité solaire photovoltaïque, la baisse du crédit d'impôt, le manque de concertation et des « promesses non-tenues » du gouvernement ont instauré un climat de méfiance auprès des professionnels. La filière solaire, qui compte nombre de Pme – Pmi, serait selon eux en danger dans l'hexagone avant même d'être entrée dans sa phase de consolidation.
« Pour les petits et moyens acteurs de la filière photovoltaïque française c'est une catastrophe ». L'Association des Producteurs d'Energie Solaire Indépendants (APESI) ne mâche pas ses mots face à la diminution de 12% des tarifs d'achat de l'électricité solaire photovoltaïque, excepté pour les particuliers, « malgré les promesses de stabilité qui avaient été renouvelées par le gouvernement après la baisse de début d'année ». Pour l'association, il en va du développement d'une véritable filière française. « Ce type de projet industriel avec des durées de réalisation importantes nécessite une stabilité et une sécurité juridique pour pouvoir se développer », explique l'APESI pour qui les évolutions tarifaires au coup par coup, « sans concertation ni objectif industriel défini » impactent lourdement les PME-PMI. « Le secteur le plus durement touché (jusqu'à - 40 % depuis le début de l'année) est celui des toitures industrielles et des centrales au sol de petite puissance, sur lequel opère une multitude d'acteurs indépendants, ajoute l'association. Ces PME-PMI sont non seulement créatrices d'emplois (environ 4 000 emplois directs et indirects – pour rappel l'objectif de l'ADEME est de 60 000 à horizon 2020) mais également de valeur ajoutée ».
Un préjudice pour les PMI/PME françaises ?
Même inquiétude du côté d' Enerplan, l'association professionnelle de l'énergie solaire, qui craint que le rapport Charpin sur le photovoltaïque de l'Inspection Générale des Finances, rendu public le 3 septembre dernier, n'ait tiré des conclusions hâtives « pour étouffer/corseter le marché, alors même que la filière industrielle française du PV en est encore au milieu de sa phase d'investissement (création de 1000 emplois avec d'autres centaines à confirmer) ». Pour l'association, les préconisations du rapport pourraient ainsi porter préjudice aux PMI/PME françaises sur l'ensemble de la chaîne de valeur avec « plus de 10 000 emplois impactés ». Elle réclame une véritable stratégie solaire nationale « sans incertitudes et atermoiements », un peu sur le modèle allemand qui fait actuellement ses preuves. « Nous appelons un dialogue de nos vœux, car il est plus qu'urgent de lever les incertitudes sur les modalités du marché qui seront applicables dans quelques mois. Un secteur émergent, prometteur et « fragilisé », principalement constitué de PME et de PMI, ne peut avancer à vue, sans stabilité des règles de régulation », commente Enerplan dans un communiqué.
Crédit photo : Naja Auteur : Philippe Martin Source : DDlejournal Parue le : 11 septembre 2010
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