A l'école des Mines de Douai : Unéole invente l'éolienne urbaine


lundi 18 septembre 2017, 10:35

Oubliez tous vos a priori sur les éoliennes. Oubliez les grandes structures à trois pâles qui fleurissent un peu partout dans la région.

Unéole, une start-up dirigée par Quentin Dubrulle, est sur le point de révolutionner le secteur des éoliennes et de la production d'électricité propre grâce au vent.

Dans les années à venir, vous allez sans doute remarquer des éoliennes d'un nouveau genre installées sur le toit d'immeubles d'habitation. Ces machines, qui ont une certaines esthétiques, sont constituées de deux éléments courbés. Elles sont de type de Savonius fixées dans une armature en aluminium.

«  Ces éoliennes sont conçues pour être installées sur des toits plats, explique Adrian Carrel, chargé de communication de la jeune entreprise. Elle est silencieuse et connectée. Elle est surtout capable de capter les vents perturbés par les immeubles.  »

Unéole invente l’éolienne urbaine _ Le Comptoir Eolien

Machine éco-conçue

La grande plus-value de cette éolienne est d'être conçue en fibre de lin. Cette matière présente l'avantage d'être solide et souple à la fois tout en résistant aux intempéries. De plus le lin est une culture fort développée en Hauts-de-France. Unéole s'approvisionne auprès d'un producteur de Sallaumines. Il en va de même pour l'armature en aluminium recyclé fourni par une entreprise de Dunkerque. Bref, cette éolienne éco-conçue est 100% Hauts-de-France, un exemple intelligent et vertueux de circuit court.  » Notre démarche est écologique, confirme Adrian Carrel. Elle consiste à produire de l'électricité propre et verte sans aggraver le coût carbone.

Diminuer le poids pour gagner en rendement

L'idée a germé en 2014 dans les laboratoires de l'incubateur de l'école des Mines de Douai. Un premier prototype a été conçu avec l'aide d'étudiant ingénieurs. En 2016, sept éoliennes ont été installées à Loos-en-Gohelle, à Douai mais aussi à Arras sur le site de la Citadelle. De cette façon Unéole a tout le temps d'analyser les rendements des machines qui sont conçues pour capter les vents même faibles.  » Nous nous sommes rendus compte que nos éoliennes n'avaient pas le rendement attendu « , reconnaît Adrian Carrel.

Ainsi depuis quelques mois, les équipes Unéole travaillent à la conception d'un deuxième prototype capable de produire davantage d'électricité au même niveau que des panneaux photovoltaïques. «  Pour gagner en rendement, on cherche à diminuer le poids de l'éolienne. Nous allons pouvoir réduire de 50 % nos émissions en CO2. «  Il faudra encore quelques mois pour que les éoliennes d'Unéole produisent assez d'électricité pour éclairer les parties communes d'un immeuble d'habitation. Unéole envisage d'ores et déjà une phase d'industrialisation de ces machines.

Même rapport que le photovoltaïque

Il faut aller vite car la demande est importante. Le marché de l'électricité propre est en plein boom.  » Notre challenge est de proposer d'ici 2019-2020 une éolienne urbaine industrialisée qui s'installe très facilement, a récemment déclaré Quentin Dubrulle, le dirigeant d'Unéole. On veut être sur le même rapport prix-puissance production que le photovoltaïque. »

Cette phase d'industrialisation passe par un développement de l'éolienne à l'école des Mines de Douai mais aussi à Euratechnologies à Lille et une phase d'assemblage dans un nouvel atelier sur à la citadelle d'Arras. Le tout avec une levée de fonds de 700 000 euros.

Source: Par Laurent Goudet

Le nouvel iPhone X à partir de 1149 €uros, est-ce bien raisonnable ?


mercredi 13 septembre 2017, 09:35

Apple lance l'iPhone le plus cher de son histoire...

Il coûte aussi cher qu'un SMIC net mensuel. A 1.149 euros pour la version 64 Go et 1.329 euros pour 256 Go, l'iPhone X, dévoilé mardi par Apple, dépasse allégrement la barre des 1.000 euros déjà touchée par le Galaxy Note 8 de Samsung. Et Apple devrait en écouler des millions d'exemplaires à partir du 3 novembre.

« Le marché premium des smartphones à 1.000 dollars n'est pas pour tout le monde », reconnaît Brian Blau, analyste chez Gartner. Mais selon lui, le design futuriste de l'écran sans bord et la qualité de l'appareil photo « devraient attirer une audience assez large ». Surtout, rappelle l'expert, tout le monde ne paie pas son iPhone plein pot. Il y a :

  • Ceux qui l'achètent dans le cadre d'un abonnement de deux ans. Orange propose par exemple encore le Galaxy Note 8 à 399 euros. On pourrait donc voir une offre autour de 499 euros pour l'iPhone X.

  • Ceux qui louent leur iPhone pour avoir le dernier modèle chaque année, avec une offre aux Etats-Unis à 34.50 dollars mensuels pour l'iPhone 8 et de 50 dollars pour l'iPhone X. Apple ne propose pas encore ce contrat en France, mais la Fnac commercialise une location sur 24 mois.

  • Ceux qui revendent leur ancien iPhone, directement à Apple ou en ligne, et peuvent en tirer entre 200 et 400 euros selon l'âge et le modèle.

Le vice-président d'Apple en charge du marketing, dévoile le prix de l'iPhone X, le 12 septembre 2017.  M.J.SANCHEZ

Une gamme iPhone segmentée en cinq

Si l'iPhone X était le seul smartphone commercialisé par Apple, son tarif serait suicidaire. Mais la marque à la pomme a segmenté son offre en cinq, du milieu de gamme jusqu'au premium, avec l'iPhone SE (419 euros) jusqu'à l'iPhone X (1.129 euros).

Au final, si le prix de nos smartphones est globalement à la hausse, le tarif des forfaits en France, avec la disparition des offres subventionnées, a été divisé par deux entre 2010 et 2015. Pas sûr que cela suffise à faire passer la pilule cette fois…

Source: Par P.B

Depuis huit ans, il n'est plus connecté à EDF et produit sa propre électricité


lundi 21 août 2017, 18:55

Depuis huit ans, André Larivière n'est plus connecté à EDF et produit sa propre électricité

Sur les contreforts du plateau casadéen, André Larivière vit dans une maison qui produit sa propre électricité. Une façon de vivre, en autonomie, mais qui exige une certaine organisation.

C'est un havre de paix, qui se dévoile le long d'un chemin en terre, à Saint-Didier-sur-Doulon. La maison d'André Larivière est perchée sur une arrête du Livradois. Son propriétaire, un Québécois de 68 ans, a posé ses valises au lieu-dit La Fagette il y a huit ans. Depuis, il savoure la vie et se nourrit de soleil.

Sa maison, une vieille bâtisse en pierre est autonome en électricité. Elle n'est pas branchée au réseau EDF, mais fonctionne grâce aux éléments : le soleil alimente les douze panneaux photovoltaïques et le vent fait tourner l'éolienne. Une façon de vivre tout à fait possible, mais qui nécessite tout de même quelques aménagements.

Avoir le bon équipement. Pour ne plus recevoir de facture d'EDF, il faut avoir une maison adaptée. Et les panneaux photovoltaïques ne suffisent pas. En effet la plupart servent à produire de l'électricité, revendue à EDF.

Installer le matériel et adapter sa façon de vivre
Chez André Larivière, la maison est alimentée par douze panneaux photovoltaïques (venus d'Espagne et du Japon) et une éolienne (États-Unis), reliés à la maison par un boîtier. Ce dernier permet à l'électricité d'être stockée dans douze grosses batteries, arrivées d'Allemagne. « C'est le plus cher et le plus fragile », explique André Larivière. À cela s'ajoute un panneau solaire thermique, qui permet de chauffer l'eau de la maison et un four bouilleur qui sert à la fois pour la cuisine et fait fonctionner les radiateurs.

S'appuyer sur des experts… « Il faut respecter ses propres limites », signale le militant écologiste. Car même en ayant le bon matériel, encore faut-il savoir l'installer. Lui, « pas bricoleur », s'est installé dans une maison où tout l'équipement avait été mis en place par l'ancien propriétaire. « Il était autodidacte et il avait donné la direction de la maison », précise-t-il. André Larivière a, en arrivant, renouvelé une partie du matériel, usé. Après 30 ans, les cellules d'un panneau s'usent et blanchissent. Il a également fait installer une éolienne à côté de chez lui, en faisant appel à des professionnels, venus de l'Aveyron. « Il faut faire attention, il y a beaucoup de démarcheurs qui n'y connaissent rien, explique André Larivière, il faut s'adresser à des artisans qui connaissent les filières. Ils sont de plus en plus formés. »

Pour trouver de l'aide et des conseils, il est aussi possible de s'adresser à des structures locales, comme ASA, ou directement auprès de ceux qui vivent de cette façon. « Il y a 10-15 ans, c'était un choix pionnier, plus coûteux avec des résultats incertains », ajoute le Québécois. Aujourd'hui ce mode de vie se développe, comme à Blassac ou Villeneuve-d'Allier.

Mais connaître son sujet. S'il n'est pas un expert pour installer le matériel, André Larivière est par contre incollable sur la consommation de chaque appareil : de la guirlande led « fantaisie, qui consomme cinq watts par mètre », à l'ordinateur portable (60 à 70 watts). « Tout ce qui chauffe de l'eau est vorace en électricité comme les bouilloires, mais aussi les grille-pain. » Ainsi il adapte l'apport en lumière dans sa maison, via de larges ouvertures et avec des leds à faible consommation (deux watts) dans les entrées.

Sur le versant sud d’une crête du Livradois, André Larivière, « gobeur de soleil », a quitté le rude climat du Canada pour ce petit coin de Haute-Loire, où il profite du soleil pour alimenter sa maison en électricité.

Une échéance difficile à tenir

Un état d'esprit compatible. Avoir une maison autonome en électricité, c'est aussi une affaire de philosophie de vie. André Larivière était déjà un faible consommateur d'électricité. « Nous avions deux factures par an. C'est une démarche cohérente pour moi », ajoute ce militant de Sortir du nucléaire. Son seul regret, c'est le manque de filières de recyclage. « On ne sait pas toujours combien de temps vivent ces produits. C'est quand même mieux depuis quelques années, dans les batteries, les minéraux sont récoltés, par exemple. Et ce n'est pas pire que le nucléaire pour le recyclage des déchets. »

« On n'a jamais le sentiment de vivre dans la privation »

Avoir de l'électricité, sans soleil. André Larivière ne tombe jamais en panne de courant. Même sans soleil. « Il faudrait qu'il n'y ait pas du tout de soleil pendant un mois. Ce n'est pas arrivé depuis quatre ou cinq ans », signale le Québécois. Mais pour être préparé, l'homme a fait installer une éolienne, qui complète la production d'électricité pour sa maison, les jours sans soleil ou la nuit. « Le vent, c'est une ressource très locale, il faut faire des tests au moins pendant six mois pour voir si cela peut fonctionner. »

Et pour éviter les pannes, l'homme limite sa consommation en électricité. Il n'utilise pas de frigo entre les mois d'octobre et de juin. « Je ne mange pas de viande ou de poisson. Et l'hiver je conserve les produits dans la pièce la plus fraîche. »

Une façon de vivre qui n'est pas synonyme de privation. « On n'a jamais le sentiment de vivre dans la privation », insiste André Larivière. Chez lui, il y a ainsi un ordinateur et une box internet, mais aussi une machine à laver. « La maison à une capacité de 1.600 watts. Pour la machine à laver il en faut 2.300. Et ce simplement pour avoir de l'eau chaude. » Pour contourner le problème, il lance la machine à laver avec un programme à 30 degrés, et alimente directement la machine avec de l'eau chaude. Loin de se priver, André Larivière savoure « la liberté et la qualité de vie que ça nous permet. »

Source: Par Lydia Berthomieu

Nicolas Hulot annonce qu'il faudra fermer "peut-être jusqu'à 17" réacteurs nucléaires


mardi 11 juillet 2017, 10:45

Pour ramener à 50 % la part de l'atome dans la production d'électricité à l'horizon 2025, « on va fermer un certain nombre de réacteurs », a déclaré, lundi, le ministre de la transition écologique.

Nicolas Hulot, le ministre de la transition écologique, s'est engagé, lundi 10 juillet, à fermer des réacteurs nucléaires, « peut-être jusqu'à 17 », pour respecter la loi sur la transition énergétique, qui vise à ramener à 50 % la part de l'atome dans la production d'électricité à l'horizon 2025.

« Chacun peut comprendre que pour tenir cet objectif, on va fermer un certain nombre de réacteurs (…) Laissez-moi planifier les choses, ce sera peut-être jusqu'à 17 réacteurs, il faut qu'on regarde », a déclaré sur RTL le ministre. La France compte actuellement 58 réacteurs répartis dans 19 centrales.

« Planifier la transition »

« Chaque réacteur a une situation économique, sociale et même de sécurité très différente », a souligné, Nicolas Hulot, qui veut « planifier » la transition vers une production d'électricité plus diversifiée. « Si nous voulons atteindre l'objectif, mécaniquement, à mesure que nous allons baisser notre consommation et diversifier notre production, nous allons fermer un certain nombre de réacteurs », a-t-il assuré.

Le ministre a présenté jeudi un « plan climat » pour le quinquennat qui fixe un certain nombre d'orientations dans le secteur de l'énergie, mais qui ne détaille pas la manière dont le gouvernement compte parvenir à baisser significativement la part du nucléaire qui aujourd'hui représente environ 75 % de la production d'électricité en France.

« Nous nous conformerons à la Programmation pluriannuelle énergétique », ou PPE, la feuille de route énergétique de la France créée par la loi sur la transition énergétique, a déclaré lundi une porte-parole d'EDF, l'exploitant des 58 réacteurs nucléaires français, sans commenter directement les déclarations de M. Hulot.

Un parc nucléaire en France

Une échéance difficile à tenir

De nombreux experts jugent toutefois l'échéance de 2025 difficile à tenir pour réduire de 75 % à 50 % la part du nucléaire dans la production électrique françaises. Vieillissant, le parc nucléaire français est confronté à de nombreuses incertitudes, surtout techniques, liées aux exigences de sûreté, et économiques, sur le montant et le rythme des investissements colossaux nécessaires pour prolonger la durée de vie de centrales.

Cependant les capacités de production d'électricité à partir du charbon et du fioul sont en baisse, tandis que le développement des énergies renouvelables (éolien, solaire) est confronté à des défis technologiques, notamment concernant le stockage de l'énergie.

La fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin), doyenne du parc nucléaire français, a été actée dans les derniers jours du quinquennat de François Hollande, mais elle ne devrait intervenir qu'au moment de la mise en service de l'EPR de Flamanville (Manche), prévue pour l'instant en 2019.

Cette fermeture est toutefois vivement contestée par des élus régionaux et les syndicats d'EDF.

Source: Par Le Monde.fr avec AFP

EPR de Flamanville : un rapport met en garde EDF sur la fiabilité du couvercle de la cuve


mardi 27 juin 2017, 08:45

L'Autorité de sûreté nucléaire estime que cette pièce maîtresse de la centrale devra être rapidement remplacée après la mise en service du réacteur, prévue pour fin 2018.

Un groupe d'experts réuni au siège de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a entamé, lundi 26 juin, une réunion de deux jours à l'issue de laquelle il donnera un avis sur l'état de la cuve de l'EPR de Flamanville (Manche).

En avril 2015, cette autorité indépendante avait révélé que des anomalies – qualifiées de « très sérieuses » par son président, Pierre-Franck Chevet – avaient été découvertes dans l'acier de cette chaudière où se produit la réaction nucléaire.

Fin 2016, Areva et EDF ont remis un dossier sur cette cuve, un élément de 420 tonnes forgé dans l'usine Areva de Creusot Forge (Saône-et-Loire) en 2006-2007. Selon le fabricant de ce composant et son futur exploitant, elle a passé quelque 2 000 tests et contrôles avec succès, en présence d'ingénieurs de l'ASN.

Ces tests devaient permettre de s'assurer que, malgré la trop forte concentration en carbone de son fond et de son couvercle, la cuve de ce réacteur nucléaire à eau pressurisée de troisième génération, qui sera exploité pendant au moins soixante ans, est capable de résister aux chocs thermiques et aux fortes pressions, y compris à des situations accidentelles.

Si la cuve en elle-même est jugée apte au service, son couvercle devra être changé quelques années après le début de l'exploitation, prévu à la fin de 2018. « L'utilisation du couvercle actuel de la cuve de l'EPR ne saurait être envisagée au-delà de quelques années de fonctionnement sans que les contrôles nécessaires au renforcement du deuxième niveau de défense en profondeur n'aient été mis en œuvre », note le rapport de l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), bras armé de l'ASN, révélé par l'agence de presse Reuters.

Des conditions strictes

Il juge que « son aptitude au service n'est pas acquise de manière pérenne en l'absence de contrôles en service suffisants ». Il ajoute que « le dossier technique transmis par Areva NP et EDF sur les contrôles de suivi en service est très succinct et qu'il n'apporte aucun élément technique sur la faisabilité des contrôles, leur performance et les conditions d'intervention en termes de radioprotection ».

Selon le document, EDF s'est engagé à analyser fin 2025 les conclusions d'études de faisabilité technique de nouveaux procédés de contrôle de la résistance du couvercle. En cas de conclusions négatives sur sa tenue du couvercle, l'exploitant s'engage à le remplacer lors de la première visite décennale, qui interviendrait en 2028.

C'est la partie la plus sensible de la cuve en raison des orifices permettant d'introduire les barres de contrôle de la réaction neutronique. Pour l'ASN, de nombreux couvercles de cuves de réacteurs ont été remplacés par le passé. Mais il faut plusieurs années pour le fabriquer.

Si l'ASN donne son feu vert provisoire, il sera formalisé dans un « projet de position » soumis à une « consultation du public » jusqu'en septembre. L'autorité indépendante rendra un verdict définitif au début de l'automne.

Un employé d’EDF devant le site du chantier de l’EPR, un réacteur nucléaire de troisième génération, à Flamanville (Manche). BENOIT TESSIER / REUTERS

Une surveillance accrue de la cuve

Il est acquis, en tout cas, qu'elles demanderont une surveillance accrue de la cuve. Voire, au début, une exploitation à puissance réduite par rapport aux capacités du réacteur, ce qui ferait perdre de son intérêt au réacteur économique le plus puissant du monde avec ses 1 650 mégawatts (MW).

Mais la décision réglementaire (et non plus technique) autorisant la mise en service de cette pièce maîtresse de l'îlot nucléaire de la centrale n'interviendra pas avant la fin de 2017 ou le début de 2018, une fois achevée la mise sous pression hydraulique du circuit primaire permettant de vérifier son étanchéité.

Le contrôle de la cuve (et de tout le circuit primaire) est impératif. Après les gaines de zirconium renfermant les pastilles d'uranium enrichi et plongées dans la cuve, cette dernière est en effet la deuxième barrière de sûreté contre la radioactivité en cas d'accident, la troisième étant constituée par la double enceinte de béton armé du bâtiment abritant le réacteur EPR.

Plusieurs années de retard

Les dirigeants d'EDF avaient reconnu qu'ils n'avaient « pas de plan B », persuadés que cette cuve passerait les tests avec succès. En cas de refus de l'ASN, EDF aurait dû la démonter, puisqu'elle a été introduite dans le bâtiment réacteur début 2014 et que les raccordements aux quatre générateurs de vapeur, à l'aide de soudages complexes, ont été effectués au cours des trois dernières années. Le chantier aurait été retardé de plus d'un an, entraînant une nouvelle dérive des coûts.

EDF affirme que l'EPR de Flamanville démarrera fin 2018 – avec six ans de retard et une multiplication par trois du devis initial (pour atteindre 10,5 milliards d'euros). L'approbation de la cuve par l'ASN fait partie des conditions mises par la Commission européenne pour autoriser le rachat d'Areva NP, fabricant des réacteurs, par EDF. La recapitalisation d'Areva (5 milliards d'euros) prévue cette année est elle aussi soumise au préalable d'un feu vert sur la cuve.

Dans une pétition signée par près de 35 000 personnes, le réseau Sortir du nucléaire demande à l'ASN de ne pas homologuer la cuve. Selon une de ses responsables, Charlotte Mijeon, « ce serait scandaleux de faire primer les avantages à court terme des industriels sur les principes de sûreté de base et donc sur la sécurité de la population ».

Source: Par Jean-Michel Bezat